Ligne directrice 2 : Opérations douteuses

Décembre 2010

Le présent document remplace la version précédente de la Ligne directrice 2 : Opérations douteuses, publiée en décembre 2008. Les lignes verticales sur le côté droit dans la version PDF indiquent les endroits où des changements ont été apportés.

Table des matières

  1. Renseignements généraux
  2. Qui doit déclarer les opérations douteuses?
  3. En quoi consiste une opération douteuse?
  4. Comment faire une déclaration d'opérations douteuses?
  5. Renseignements complémentaires sur la déclaration à CANAFE
  6. La détection des opérations douteuses
  7. Exemples d'indicateurs communs
  8. Exemples d'indicateurs sectoriels
  9. Faites-nous part de vos observations
  10. Comment nous joindre?

Ligne directrice 2 : Opérations douteuses (version PDF, 212 Ko)

1. Renseignements généraux

La Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes (la Loi) exige que les personnes et les entités décrites à la partie 2 de cette ligne directrice déclarent les opérations douteuses. Si vous êtes l'une de ces personnes ou de ces entités, la présente ligne directrice vous aidera à vous acquitter de vos obligations en ce qui a trait à la déclaration des opérations douteuses au Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE).

Une opération douteuse est une opération à l'égard de laquelle il y a des motifs raisonnables de soupçonner qu'elle est liée à une infraction de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes. Une opération douteuse peut comprendre une tentative d'opération. Tout au long de cette ligne directrice, chaque fois que le mot « opération » sera utilisé, cela signifiera une opération effectuée ou une tentative d'opération, comme l'explique le paragraphe 3.2.

La présente ligne directrice, élaborée par CANAFE, met à votre disposition des indicateurs d'opérations douteuses (aux parties 6 à 8) pouvant s'avérer utiles au moment de juger si une opération est douteuse et si elle doit faire l'objet d'une déclaration. Elle ne cherche pas à remplacer votre propre évaluation de la situation, fondée sur vos connaissances, votre expérience ou les circonstances particulières entourant une opération financière.

Cette ligne directrice explique en termes clairs les situations les plus courantes visées par la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes et les règlements connexes. Préparée uniquement à titre d'information, elle ne constitue pas un avis juridique et ne cherche aucunement à remplacer les textes législatifs et réglementaires. Pour de plus amples renseignements sur le recyclage des produits de la criminalité, le financement des activités terroristes ou toute autre obligation en vertu de la Loi et des règlements, veuillez consulter les lignes directrices de la présente série : 

Pour obtenir de plus amples renseignements après avoir lu l'une ou l'autre des lignes directrices de la présente série, veuillez composer le numéro sans frais du service national de renseignements de CANAFE, le 1-866-346-8722.

Vous remarquerez qu'à plusieurs endroits dans le présent document des renvois sont faits à de l'information additionnelle pouvant se trouver dans divers sites Web externes. CANAFE n'est aucunement responsable de l'exactitude et de la fiabilité des renseignements qu'ils renferment. Ces liens renvoient à l'information disponible au moment de la parution de cette ligne directrice.

Dans la présente ligne directrice, toute référence à des montants en dollars (tel que 10 000 $) est faite en dollars canadiens ou à son équivalent en devises étrangères. De plus, les montants en espèces signifient de l'argent comptant en circulation dans un pays donné (billets de banque et monnaie). Dans ce contexte, les montants en espèces ne signifient pas des chèques, des mandats ou d'autres instruments monétaires de même nature.

2. Qui doit déclarer les opérations douteuses?

Si vous êtes l'une des personnes ou des entités (qu'on appelle entités déclarantes) mentionnées ci-dessous, ou vous êtes un employé d'une telle personne ou entité, vous êtes tenu de déclarer les opérations douteuses à CANAFE.

2.1 Entités financières

Les entités financières telles que les banques (c'est-à-dire celles figurant aux annexes I ou II de la Loi sur les banques) ou les banques étrangères autorisées quant à l'exercice d'activités au Canada, les coopératives de crédit, les caisses populaires, les coopératives de services financiers, les centrales de caisses de crédit (lorsqu'elles offrent des services financiers à quiconque qui n'est pas une entité financière membre de la centrale de caisses de crédit), les sociétés de fiducie, les sociétés de prêt, ainsi que les mandataires de Sa Majesté qui se livrent à l'acceptation de dépôts.

Si vous êtes une entité financière et que vous avez des filiales étrangères ou des succursales à l'étranger, vous n'êtes pas tenu de déclarer les opérations douteuses se déroulant dans ces succursales ou filiales à l'étranger.

2.2 Sociétés et représentants d'assurance-vie

Une société d'assurance-vie est une société régie par une loi provinciale; une société d'assurance-vie ou société d'assurance-vie étrangère est une société régie par la Loi sur les sociétés d'assurances. Un représentant d'assurance-vie est une personne ou une entité autorisée par licence, permis ou enregistrement délivré aux termes d'une loi provinciale à prendre des arrangements pour la conclusion de polices d'assurance-vie.

Si vous êtes une société d'assurance-vie et que vous avez des filiales étrangères ou des succursales à l'étranger, vous n'êtes pas tenu de déclarer les opérations douteuses se déroulant dans ces succursales ou filiales à l'étranger.

2.3 Courtiers en valeurs mobilières

Un courtier en valeurs mobilières est une personne ou une entité autorisée en vertu de la législation provinciale à se livrer au commerce des valeurs mobilières ou d'autres instruments financiers, ou à la prestation de services de gestion de portefeuille et de conseils en placement.  

Si vous êtes un courtier en valeurs mobilières, et que vous avez des filiales étrangères ou des succursales à l'étranger, vous n'êtes pas tenu de déclarer les opérations douteuses se déroulant dans ces succursales ou filiales à l'étranger.

2.4 Entreprises de services monétaires

Une entreprise de transfert de fonds ou de vente de titres négociables (ou une « entreprise de services monétaires ») est une personne ou une entité qui exploite une entreprise et se livre à l'une ou l'autre des opérations suivantes :

Il peut aussi s'agir de systèmes parallèles de remise de fonds, comme les hawala, hundi, chitti, etc.

Pour de plus amples renseignements sur les entreprises de services monétaires, veuillez lire le bulletin d'interprétation de CANAFE no 1.

2.5 Mandataires de Sa Majesté

Les mandataires de Sa Majesté sont des ministères ou des mandataires de Sa Majesté du chef du Canada ou d'une province. Si vous êtes mandataire de Sa Majesté et que vous vendez ou rachetez des mandats-poste, les exigences de déclaration expliquées dans la présente ligne directrice s'appliquent à vous.

Si vous êtes mandataire de Sa Majesté et que vous vous livrez à l'acceptation de dépôts dans le cadre des services financiers que vous fournissez au public, vous êtes considéré une entité financière (voir le paragraphe 2.1).

Si vous êtes un mandataire de Sa Majesté qui vend au public des métaux précieux, vous êtes considéré un négociant en métaux précieux et pierres précieuses (voir le paragraphe 2.9).

2.6 Comptables et cabinets d'expertise comptable

Un comptable est un comptable agréé, un comptable général licencié ou un comptable en management accrédité. Un cabinet d'expertise comptable est une entité qui exploite une entreprise de prestation de services d'expertise comptable au public et qui compte au moins un comptable parmi ses associés, ses employés ou ses gestionnaires.

Si vous êtes un comptable ou un cabinet d'expertise comptable, les exigences de déclaration expliquées dans la présente ligne directrice s'appliquent à vous lorsque vous exercez l'une des activités suivantes pour le compte d'autrui (autre que votre employeur) ou lorsque vous donnez des instructions à l'égard d'une de ces activités pour le compte d'autrui (autre que votre employeur) :

L'exigence de déclarer les opérations douteuses ne s'appliquera pas en ce qui a trait à la réception même des honoraires professionnels. Cela signifie que la réception d'honoraires professionnels ne déclenchera pas l'exigence de déclarer. Toutefois, vous devrez respecter les exigences en matière de déclaration lorsque vous vous livrez aux activités précisées plus haut, que vous receviez ou non des honoraires ou une lettre-contrat à cette fin. Vous serez donc assujetti à ces exigences, même si vous vous livrez à ces activités bénévolement.

De plus, les activités d'un comptable ou d'un cabinet d'expertise comptable autres que celles précisées plus haut, comme les activités exercées dans le cadre d'une mission de vérification, d'examen ou de compilation effectuée conformément aux recommandations du Manuel de l'Institut canadien des comptables agréés (ICCA), ne l'obligent pas à se conformer aux exigences en matière de déclaration.

La prestation d'un conseil à un client, dans le cadre de la relation entre un comptable et son client, ne constitue pas une instruction. Pour des précisions à ce sujet, veuillez lire le bulletin d'interprétation de CANAFE no 2.

2.7 Le secteur immobilier

Courtiers ou agents immobiliers

Les courtiers et les agents immobiliers sont des personnes ou des entités autorisées, par licence, permis ou enregistrement délivré aux termes d'une loi provinciale, à vendre ou à acheter des biens immobiliers. L'exigence de déclarer les opérations douteuses s'applique à eux lorsqu'ils agissent à titre d'agent dans le cadre de l'achat ou de la vente de biens immobiliers. Cela comprend la vente ou l'achat de terrains, bâtiments, maisons, etc. Les exigences décrites dans cette ligne directrice s'appliquent pour ces activités, que l'agent ou le courtier reçoive ou non une commission et même si ce dernier n'a aucune responsabilité fiduciaire pour ces activités.

Si vous êtes un courtier ou un agent immobilier, ces exigences ne s'appliquent pas à vous si vos activités se rapportent à la gestion immobilière. Donc, si vous effectuez uniquement des transactions liées à la gestion immobilière, comme la location de biens immobiliers, sans vente ou achat, les exigences décrites dans cette ligne directrice ne s'appliquent pas à vous.

Promoteurs immobiliers

Un promoteur immobilier est une personne ou une entité, autre qu'un courtier ou un agent immobilier, qui au cours d'une année civile après 2007, a vendu au public, selon le cas :

Si vous êtes un promoteur immobilier, les exigences de déclaration expliquées dans la présente ligne directrice s'appliquent à vous lorsque vous vendez au public, selon le cas :

Si vous êtes une entité qui est une personne morale, vous êtes aussi un promoteur immobilier peu importe que vous vendiez l'un des immeubles ci-dessus pour votre propre compte ou pour celui d'une filiale ou d'une entité qui est membre du même groupe. Dans ce contexte, une entité est membre du même groupe qu'une autre entité lorsque l'une est entièrement propriétaire de l'autre ou lorsque qu'elles sont toutes les deux sous la propriété d'une autre entité.

2.8 Casinos

Un casino s'entend d'un établissement autorisé par un gouvernement canadien provincial, territorial ou fédéral à exercer une activité dans un établissement permanent où l'on peut jouer à la roulette, à des jeux de cartes et où se trouve une machine à sous autre qu'un appareil de loterie vidéo.

Les organismes de bienfaisance enregistrés peuvent être autorisés à exercer temporairement une activité à des fins caritatives. Si l'activité se déroule dans l'établissement d'un casino pendant au plus deux jours consécutifs, sous la surveillance du casino, elle est présumée être une activité du casino qui en assure la supervision. Le casino doit alors s'acquitter des obligations en matière de déclaration et des autres obligations liées à une activité de casino à des fins caritatives.

2.9 Négociants en métaux précieux et pierres précieuses

Un négociant en métaux précieux et pierres précieuses est une personne ou une entité qui achète ou vend des métaux précieux, des pierres précieuses ou des bijoux dans le cadre de ses activités commerciales. Les métaux précieux comprennent l'or, l'argent, le palladium ou le platine sous forme de pièces de monnaies, de barres, de lingots, de granules ou sous toute autre forme semblable. Les pierres précieuses comprennent les diamants, les saphirs, les émeraudes, les tanzanites, les rubis et les alexandrites. Un bijou est un objet fait d'or, d'argent, de palladium, de platine, de perles ou de pierres précieuses destiné à être porté comme parure personnelle.

Si vous êtes un négociant en métaux précieux et pierres précieuses, les exigences de déclaration expliquées dans la présente ligne directrice s'appliquent à vous si vous vous livrez à l'achat ou à la vente de métaux précieux, de pierres précieuses ou de bijoux pour une somme de 10 000 $ ou plus au cours d'une seule opération. Toutefois, vous n'êtes pas assujetti aux exigences de déclaration expliquées dans la présente ligne directrice, lorsque vous achetez ou vendez, directement ou non, des métaux précieux, des pierres précieuses ou des bijoux pour fabriquer des bijoux, pour extraire des métaux précieux ou des pierres précieuses d'une mine, ou pour tailler ou polir des pierres précieuses.

Un mandataire de Sa Majesté (soit un ministère gouvernemental ou un mandataire de Sa Majesté du chef du Canada ou d'une province) est considéré un négociant en métaux précieux et pierres précieuses lorsqu'il vend au public des métaux précieux pour une somme de 10 000 $ ou plus au cours d'une seule opération.

2.10 Notaires publics et sociétés de notaires de la Colombie-Britannique

Un notaire public de la Colombie-Britannique désigne une personne qui est membre de la Society of Notaries Public of British Columbia. Une société de notaires de la Colombie-Britannique désigne une entité qui exploite une entreprise de prestation de services notariaux au public dans la province de la Colombie-Britannique selon le Notaries Act de cette province.

Si vous êtes un notaire public de la Colombie-Britannique ou une société de notaires de la Colombie-Britannique, les exigences de déclaration expliquées dans la présente ligne directrice s'appliquent à vous lorsque vous exercez l'une des activités suivantes pour le compte d'autrui (autre que votre employeur) ou lorsque vous donnez des instructions à l'égard d'une de ces activités pour le compte d'autrui (autre que votre employeur) :

3. En quoi consiste une opération douteuse?

3.1 Motifs raisonnables de soupçonner

Une opération douteuse est une opération financière qui donne naissance à des motifs raisonnables de soupçonner qu'elle est liée à la perpétration d'une infraction de blanchiment d'argent. Cela comprend également une opération qui donne naissance à des motifs raisonnables de soupçonner qu'elle est liée à la perpétration tentée d'une infraction de blanchiment d'argent.

Une opération douteuse englobe aussi une opération financière donnant naissance à des motifs raisonnables de soupçonner qu'elle est liée à la perpétration d'une infraction de financement d'activités terroristes. Cela comprend également une opération qui donne naissance à des motifs raisonnables de soupçonner qu'elle est liée à la perpétration tentée d'une infraction de financement d'activités terroristes.

Les « motifs raisonnables de soupçonner » sont établis en fonction de ce qui est raisonnable dans vos circonstances, y compris en fonction de vos pratiques d'affaires courantes et des systèmes en place dans votre secteur d'activité. Bien que la Loi et les textes réglementaires connexes ne vous obligent pas expressément à mettre en place ou à utiliser un système automatisé de détection des opérations douteuses, vous pouvez décider que l'adoption d'un tel système serait bénéfique à la bonne marche de vos affaires.

Dans ce contexte, les opérations comprennent les opérations effectuées et les tentatives d'opérations, comme l'explique le paragraphe 3.2.

Également, votre programme de conformité doit comprendre une évaluation du risque de blanchiment d'argent et de financement d'activités terroristes que posent vos activités. Selon les résultats de cette évaluation, en cas de risque élevé, vous devez prendre des mesures raisonnables afin d'assurer un contrôle continu des opérations financières en vue de déceler les opérations douteuses. Pour en savoir plus au sujet de l'évaluation du risque, veuillez consulter la Ligne directrice 4 : Mise en œuvre d'un programme de conformité.

Le texte qui suit présente de plus amples renseignements sur les infractions de blanchiment d'argent et celles de financement d'activités terroristes. Les parties 6, 7 et 8 comprennent de plus amples renseignements sur la façon de cibler une opération douteuse.

Infractions de blanchiment d'argent

Selon les dispositions du droit canadien, une infraction de blanchiment d'argent comporte la perpétration de divers actes dans l'intention de cacher ou de convertir des biens ou le produit de ces biens (comme de l'argent), sachant ou croyant qu'ils ont été obtenus ou proviennent de la perpétration d'une infraction désignée. Dans ce contexte, une infraction désignée englobe la plupart des infractions graves stipulées dans le Code criminel ou dans une autre loi fédérale, entre autres, le trafic illégal de stupéfiants, la corruption, la fraude, la falsification, le meurtre, le vol qualifié, la contrefaçon d'argent, la manipulation d'opérations boursières, l'évasion fiscale et la violation de droits d'auteur.

L'infraction de blanchiment d'argent peut même comprendre les biens et le produit de ces biens provenant d'activités illégales menées à l'étranger.

Pour de plus amples renseignements sur les diverses méthodes de blanchiment d'argent, veuillez consulter la Ligne directrice 1 : Renseignements généraux. Vous pouvez consulter les lois fédérales, y compris le Code criminel, à partir du site Web des Lois du Canada (http://www.laws.justice.gc.ca).

Infractions de financement d'activités terroristes

Selon les dispositions du droit canadien, une infraction de financement d'activités terroristes qui consiste à réunir ou à fournir sciemment des biens, tels que des fonds, directement ou non, dans l'intention de commettre des actes terroristes, constitue un acte criminel. Cela comprend le fait d'inviter quelqu'un d'autre à fournir des biens à cette fin, de même que l'utilisation ou la possession de biens dans le but de faciliter ou de donner suite à des activités terroristes.

D'autres infractions liées aux activités terroristes n'ont pas nécessairement trait au financement de celles-ci, notamment le fait de participer à des activités terroristes ou de les faciliter, ou de donner des ordres à des terroristes ou de les héberger. Seules les opérations faisant naître des soupçons à l'effet qu'elles pourraient être liées à la perpétration d'une infraction de financement d'activités terroristes requièrent une déclaration d'opérations douteuses à CANAFE en matière de financement d'activités terroristes.

Si vous désirez en savoir plus sur le financement du terrorisme et sur les autres mesures mises de l'avant pour contrer ce fléau, y compris les exigences de déclaration des biens appartenant à des groupes terroristes, veuillez consulter la Ligne directrice 1 : Renseignements généraux.

3.2 Opérations complétées ou tentées

Vous êtes tenu de déclarer une opération douteuse lorsque vous avez des motifs raisonnables de soupçonner, comme l'explique le paragraphe 3.1. Cette exigence s'applique à une opération complétée et également lors d'une tentative d'opération.

Opérations complétées

Une opération complétée est une opération qui a eu lieu. Si, par exemple, vous avez traité un dépôt pour un client pour l'achat d'un bien comme une police d'assurance-vie ou une maison, une opération financière a eu lieu même si la vente associée à ce dépôt n'a pas encore été finalisée. Dans cet exemple, la remise du dépôt constituerait aussi une opération financière.

Tentatives d'opérations

Une tentative d'opération est une opération que le client veut effectuer et pour laquelle il a pris les mesures nécessaires. Une tentative d'opération n'est pas une simple demande de renseignements, comme une question portant sur les frais associés à une opération quelconque. Une tentative d'opération comprend les négociations ou discussions nécessaires afin d'être en mesure d'effectuer l'opération et implique, soit pour vous ou pour le client, la prise de mesures concrètes.

Voici des exemples de tentatives d'opérations :

Pour être tenu de déclarer une tentative d'opération, il faut d'abord avoir des motifs raisonnables de soupçonner qu'elle est liée à la perpétration d'une infraction de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes (tel qu'expliqué au paragraphe 3.1). Une tentative ne signifie pas nécessairement que l'opération est douteuse. Cependant, les particularités de la tentative peuvent contribuer à vos motifs raisonnables de soupçonner.  

3.3 Opérations mettant en jeu des biens appartenant à des groupes terroristes

Si vous soupçonnez qu'une opération, effectuée ou tentée, est liée au financement d'activités terroristes, vous devez transmettre une déclaration d'opérations douteuses à CANAFE.

Si, selon ce que vous savez, et non pas ce que vous soupçonnez, une opération met en jeu des biens appartenant à un terroriste ou à un groupe terroriste, ou étant à sa disposition, directement ou non, vous ne devez pas finaliser cette opération, car les biens associés aux groupes terroristes doivent être bloqués aux termes des lois canadiennes comme le Règlement d'application des résolutions des Nations Unies sur la lutte contre le terrorisme et du Code criminel. Vous pouvez consulter le site Web des Lois du Canada à http://www.laws.justice.gc.ca.

Pour de plus amples renseignements sur les terroristes, les groupes terroristes, le gel de biens et les exigences connexes en matière de déclaration, veuillez consulter la Ligne directrice 5 : Déclaration à CANAFE de biens appartenant à un groupe terroriste.

4. Comment faire une déclaration d'opérations douteuses?

Lorsque vous avez détecté un fait donnant naissance à des motifs raisonnables de soupçonner qu'une opération est liée à la perpétration réelle ou tentée d'une infraction de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes, vous devez transmettre une déclaration d'opérations douteuses à CANAFE dans les 30 jours. Cela s'applique aux opérations effectuées ou aux tentatives d'opérations, comme l'explique le paragraphe 3.2.

Pour en savoir plus sur les modalités et les délais de déclaration, veuillez consulter la Ligne directrice 3 : Déclaration des opérations douteuses à CANAFE. Lorsque vous transmettez une déclaration d'opération douteuse à CANAFE, vous devez tenir une copie de la déclaration.

Le fait de déclarer une opération douteuse à CANAFE ne vous empêche pas de communiquer vos soupçons en matière de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes directement à un organisme d'application de la loi. CANAFE encourage d'ailleurs le maintien de relations harmonieuses avec ces intervenants.

Avant de déclarer une opération douteuse à CANAFE, vous devez prendre des mesures raisonnables pour vérifier l'identité de la personne effectuant l'opération. Toutefois, vous n'avez pas à vérifier son identité dans les circonstances suivantes :

Pour de plus amples renseignements à ce sujet, ainsi que sur les autres obligations en matière d'identification des clients, veuillez consulter la Ligne directrice 6 : Tenue de documents et vérification de l'identité des clients pour votre secteur.

5. Renseignements complémentaires sur la déclaration à CANAFE

5.1 Confidentialité

Vous ne pouvez révéler à quiconque, y compris à votre client, que vous avez fait une déclaration d'opérations douteuses, ni en révéler le contenu, dans l'intention de nuire ou d'entraver la tenue d'une enquête criminelle, que celle-ci soit en cours ou non.

Parce qu'il est important de ne donner aucun indice à votre client sur le fait que vous préparez une déclaration d'opérations douteuses, vous ne devez pas lui demander d'autres renseignements que ceux habituellement requis dans le cadre de la perpétration réelle ou tentée d'une opération. La partie 4 renferme des renseignements additionnels au sujet de l'identification d'un particulier qui effectue une opération douteuse.

Champs obligatoires dans la déclaration d'opérations douteuses

Les champs de la déclaration devant obligatoirement être remplis concernent les opérations perpétrées. Ce sont les renseignements dont vous avez besoin pour pouvoir effectuer l'opération. Les autres champs concernent des renseignements que vous devez fournir seulement si vous les avez déjà dans vos dossiers ou si vous les avez obtenus normalement en effectuant l'opération.

Si la déclaration concerne une tentative d'opération, et qu'en raison de cela les renseignements pour un champ n'ont pas été demandés au moment de l'opération (et ne sont pas consignés dans vos fichiers ou vos dossiers), vous pouvez ne rien inscrire dans ce champ.

Pour de plus amples renseignements au sujet des autres obligations en matière d'identification des clients et de tenue de documents, veuillez consulter la Ligne directrice 6 : Tenue de documents et vérification de l'identité des clients pour votre secteur.

5.2 Immunité

Aucune procédure civile ou criminelle ne peut être introduite contre vous si vous avez fait de bonne foi une déclaration d'opérations douteuses. Cette garantie s'applique également si vous n'êtes pas tenu de faire une déclaration à CANAFE, mais que vous décidez de lui communiquer des renseignements de votre plein gré parce que vous avez des soupçons relativement au blanchiment d'argent ou au financement d'activités terroristes.

5.3 Pénalités pour non-conformité

Des pénalités pourraient vous être imposées si vous contrevenez à vos obligations en matière de déclaration d'opérations douteuses. Le défaut de produire une déclaration peut être passible d'un emprisonnement maximal de cinq ans ou d'une amende maximale de 2 000 000 $, ou des deux. Également, le défaut de produire une déclaration d'opérations douteuses pourra faire l'objet d'une pénalité administrative pécuniaire.

Aucune pénalité ne sera toutefois imposée aux employés qui signalent des opérations douteuses directement à leur supérieur.

Des pénalités pourraient également vous être imposées si vous révélez de quelque façon que ce soit que vous produisez une déclaration d'opérations douteuses, dans l'intention de nuire ou d'entraver la tenue d'une enquête criminelle. Pour de plus amples renseignements sur les pénalités, vous pouvez aussi consulter la section Pénalités pour les cas de non-conformité du site Web de CANAFE (http:www.canafe-fintrac.gc.ca).

5.4 Contacts avec le client

Aucune disposition de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes n'exige la fermeture du compte ou l'interruption des contacts avec le client si vous avez fait ou comptez faire une déclaration d'opérations douteuses à son sujet. Cette décision vous revient et dépend des pratiques courantes de votre secteur d'activité.

Si vous décidez de fermer un compte ou de cesser de faire affaire avec un client avant d'envoyer une déclaration d'opérations douteuses à CANAFE, vous devez préciser votre décision à la partie H de la déclaration.

6. La détection des opérations douteuses

6.1 Comment reconnaître une opération douteuse?

Des opérations, réelles ou tentées comme l'explique le paragraphe 3.2, peuvent donner naissance à des motifs raisonnables de soupçonner qu'elles sont liées au blanchiment d'argent ou au financement d'activités terroristes, et cela, sans égard au montant en cause. Il n'y a aucun seuil monétaire minimal pour la déclaration d'une opération douteuse. Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte, lesquels peuvent sembler sans importance s'ils sont pris individuellement, alors qu'ils peuvent semer des doutes s'ils sont combinés, à savoir qu'une opération est peut-être liée à la perpétration réelle ou tentée d'une infraction de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes, ou aux deux.

En règle générale, une opération est possiblement liée au blanchiment d'argent ou au financement d'activités terroristes si vous trouvez que cette opération (ou cette série d'opérations) suscite des questions de votre part, ou provoque en vous un malaise, de l'inquiétude ou de la méfiance.

Le contexte dans lequel une opération est effectuée ou tentée est un facteur important à considérer lorsque vient le temps d'évaluer si vos soupçons sont fondés. Ce contexte variera d'une entreprise à l'autre, et d'un client à l'autre. À titre de personne ou d'entité déclarante, ou à titre d'employé de celle-ci, vous devez juger du bien-fondé des opérations en tenant compte de ce qui vous semble approprié dans les circonstances et est conforme aux pratiques courantes de votre secteur d'activité, sans oublier votre niveau de connaissance du client. Le fait que des opérations ne semblent pas conformes aux pratiques courantes de votre secteur d'activité peut être un facteur déterminant dans l'établissement de motifs raisonnables de soupçonner que ces opérations sont liées au blanchiment d'argent ou au financement d'activités terroristes.

L'analyse d'un soupçon devrait comporter une évaluation raisonnable des facteurs pertinents, y compris votre niveau de connaissance des affaires du client, ses antécédents financiers, son comportement et le contexte de l'opération. N'oubliez pas que c'est le comportement d'un individu qui est douteux, non l'individu lui- même. Il se pourrait aussi que ce soit en tenant compte de plusieurs facteurs, et non d'un seul, que vous pourrez conclure qu'il y a, oui ou non, des motifs raisonnables de soupçonner qu'une opération est liée à la perpétration réelle ou tentée d'une infraction de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes, ou aux deux. Toutes les circonstances entourant l'opération doivent donc être examinées.

Vous êtes tenu de déterminer s'il y a des motifs raisonnables de soupçonner que cette opération, réelle ou tentée, est liée au blanchiment d'argent ou au financement d'activités terroristes. Les renseignements suivants concernent des indicateurs qui pourraient vous être utiles au moment de fonder votre jugement.

6.2 Indicateurs de financement d'activités terroristes

Les indicateurs permettant de justifier un doute à l'effet qu'une opération, réelle ou tentée, est peut-être liée à la perpétration réelle ou tentée d'une infraction de financement d'activités terroristes ressemblent pour la plupart aux indicateurs pouvant être utilisés pour détecter les cas de blanchiment d'argent. Pour cette raison, ces deux séries d'indicateurs ont été combinées. En fait, elles ont été établies uniquement dans le but de se compléter et d'inciter à une vigilance accrue dans le traitement des opérations financières.

Par conséquent, bien qu'il existe certaines différences mineures entre les indicateurs de blanchiment d'argent et ceux de financement d'activités terroristes (par exemple, les montants en cause dans le financement des activités terroristes sont généralement plus petits), aucune distinction n'est faite entre eux dans les parties 7 et 8.

Liste d'entités et de particuliers possiblement associés au terrorisme

Dans le cadre des initiatives internationales mises de l'avant pour contrer le terrorisme, et afin de dissuader et de supprimer le financement des activités terroristes, le gouvernement du Canada a publié des listes de noms. Les biens appartenant à quiconque est inscrit sur ces listes, ou étant à sa disposition, doivent être bloqués. Par conséquent, toute opération mettant en jeu de tels biens est interdite.

Une liste consolidée a été publiée par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), qui se charge également de la mettre à jour. Vous pouvez consulter cette liste en accédant au site Web du BSIF à http://www.osfi-bsif.gc.ca/Fra/fi-if/amlc-clrpc/atf-fat/Pages/default.aspx.

Si vous établissez que vous avez en votre possession ou à votre disposition des biens appartenant à quiconque est inscrit sur cette liste ou étant à sa disposition, directement ou non, vous devez en déclarer l'existence à la Gendarmerie royale du Canada et au Service canadien du renseignement de sécurité, y compris leur fournir tout renseignement portant sur une opération, réelle ou projetée, mettant en cause ces biens. Pour en savoir plus sur cette exigence, veuillez consulter la Ligne directrice 1 : Renseignements généraux.

D'autres entités que le Canada, pour ne nommer que les États-Unis et le Conseil de sécurité des Nations Unies, ont également publié des listes. Certains noms inscrits sur leurs listes, ou la totalité de ceux-ci, pourront se retrouver sur les listes du Canada si ce dernier a des motifs raisonnables de croire que ces entités ou ces particuliers sont associés à des activités terroristes.

Si vous n'êtes pas certain mais soupçonnez qu'une opération ou une tentative d'opération est reliée au financement d'activités terroristes, vous devez transmettre une déclaration d'opérations douteuses à CANAFE.

Comment distinguer les soupçons associés au blanchiment d'argent de ceux associés au financement d'activités terroristes?

Il peut être difficile de distinguer les soupçons associés au blanchiment d'argent de ceux associés au financement d'activités terroristes. Il est même possible qu'une opération, réelle ou tentée, soit liée à ces deux types d'infractions. Par exemple, des capitaux utilisés à des fins terroristes peuvent être le fruit d'une activité criminelle, mais aussi provenir d'une source légitime.

Ce qui importe quand vous faites une déclaration d'opérations douteuses, ce sont les renseignements que vous communiquez sur l'opération et sur ce qui a donné naissance à vos soupçons. Dans votre déclaration, donnez le plus de détails possible sur ce qui vous a amené à avoir des soupçons, y compris tout renseignement qui vous a permis de croire que l'opération était peut-être liée au financement d'activités terroristes, ou au blanchiment d'argent, ou aux deux. Si l'information que vous possédez ne vous permet pas de faire la distinction entre ces deux types d'infractions, ce n'est pas grave. Souvenez-vous que seuls les renseignements concernant vos soupçons sont importants, non votre capacité de les associer au blanchiment d'argent ou au financement d'activités terroristes.

6.3 Indicateurs d'opérations douteuses

Les indicateurs qui suivent sont présentés dans le but de vous aider à déterminer si des opérations suscitent en vous des doutes raisonnables. Ces indicateurs, soit communs, soit sectoriels, peuvent s'avérer utiles au moment de juger si une opération, réelle ou tentée, est douteuse ou non. Ils ont été choisis parce qu'ils comportent certaines caractéristiques associées dans le passé à des activités de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes.

Ces indicateurs ont été regroupés avec le concours des entités déclarantes, des organismes chargés de l'application de la loi et des unités internationales du renseignement financier. Ils ne visent aucunement à couvrir toutes les situations possibles et ne doivent pas être considérés séparément les uns des autres. En effet, il arrive souvent qu'un seul indicateur ne puisse mettre sur la piste d'une activité de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes. Par contre, si certains d'entre eux sont présents dans le cadre d'une opération ou d'une série d'opérations, cela signifie que vous devriez peut-être examiner l'ensemble des facteurs en cause en vue de déterminer si la ou les opérations doivent faire l'objet d'une déclaration.

Les indicateurs doivent toujours être considérés en tenant compte du contexte dans lequel une opération ou une tentative d'opération se déroule. Chaque indicateur peut, à un moment donné, mener à la conclusion qu'il y a des motifs raisonnables de soupçonner qu'une opération est liée à la perpétration réelle ou tentée d'une infraction de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes. Toutefois, il peut tout aussi bien s'avérer non pertinent à la lumière d'autres facteurs, comme le métier ou la profession du client, le genre d'affaires qu'il mène, ses antécédents financiers et ses comportements d'investissement antérieurs. C'est à la fois la présence d'un ou de plusieurs indicateurs et votre connaissance des affaires du client et de sa situation financière qui vous permettront de déterminer si une opération est douteuse ou non.

Il est possible que la présence de certains indicateurs fasse en sorte qu'une opération ne soit pas menée à terme. Cela se produira, par exemple, lorsqu'un client demande un service qui ne correspond pas à vos pratiques d'affaires courantes ou est interdit en raison des mesures antiterroristes. Vos normes, politiques et procédures pourraient avoir déjà fait ressortir ce genre de situation comme inapproprié ou suspect. Tel que mentionné précédemment, même si une opération douteuse n'est pas complétée, vous êtes tenu de la déclarer à CANAFE à titre d'opération douteuse.

Si une opération a été abandonnée parce que vous aviez l'impression qu'elle mettait en jeu des biens appartenant à un terroriste ou à un groupe terroriste, ou étant à sa disposition, directement ou non, vous devez déclarer ces faits conformément aux instructions présentées au paragraphe 3.3. Si vous avez également des motifs raisonnables de soupçonner qu'elle est liée à la perpétration réelle ou tentée d'une infraction de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes, vous êtes tenu d'inclure la tentative d'opération dans une déclaration d'opérations douteuses, tel qu'expliqué au paragraphe 3.2.

La détection de certains indicateurs peut permettre d'obtenir des motifs raisonnables de soupçonner qu'une opération ou plus ayant déjà eu lieu (mais qui ne semblait pas douteuse à l'époque) est reliée au blanchiment d'argent ou au financement d'activités terroristes, comme, par exemple, si les médias ou une source sûre de renseignements signalent qu'un de vos clients est soupçonné de participer à des activités illégales. Si cela entraîne des soupçons concernant une opération déjà effectuée avec ce client, vous devez alors déclarer cette opération à CANAFE dans les 30 jours suivants sa découverte.

7. Exemples d'indicateurs communs

Les exemples suivants d'indicateurs communs peuvent vous aider à détecter des opérations douteuses, réelles ou tentées, comme l'explique le paragraphe 3.2. Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse ou sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez vous reporter à la partie 6.

7.1 Indicateurs généraux

7.2 Connaissance des exigences de déclaration et de tenue de documents

7.3 Documents de vérification de l'identité

7.4 Opérations en espèces

7.5 Évaluation d'un point de vue économique

7.6 Opérations touchant des comptes

7.7 Opérations touchant d'autres pays que le Canada

7.8 Opérations liées à des activités commerciales extraterritoriales

Toutes les personnes et les entités qui effectuent des opérations sur le plan international devraient tenir compte des indicateurs suivants.

8. Exemples d'indicateurs sectoriels

8.1 Indicateurs sectoriels

Tout comme les indicateurs communs présentés ci-dessus, les indicateurs qui suivent, particuliers aux différents secteurs d'activités, peuvent également mettre sur la piste d'une opération douteuse, perpétrée ou tentée comme l'explique le paragraphe 3.2. Il importe de vous rappeler que c'est le comportement d'un individu qui est douteux, non l'individu en question, et que c'est en tenant compte de plusieurs facteurs, et non d'un seul, que vous pourrez conclure qu'il y a, oui ou non, des motifs raisonnables de soupçonner qu'une opération est liée à la perpétration d'une infraction de blanchiment d'argent ou de financement d'activités terroristes. Toutes les circonstances entourant l'opération doivent donc être examinées, et ce, en fonction de votre degré de connaissance du client.

Pris dans leur ensemble, les indicateurs communs et ceux particuliers à votre propre secteur d'activité pourront vous aider à détecter les opérations douteuses. Selon le genre de services que vous offrez, il sera peut-être nécessaire que vous consultiez plus d'un des paragraphes présentés ci-dessous. Par exemple, si vous êtes un conseiller financier, vos services portent peut-être sur la vente de produits d'assurance-vie et de valeurs mobilières. Dans ce cas, les indicateurs présentés au paragraphe 8.5 (Sociétés et représentants d'assurance-vie) et ceux énoncés au paragraphe 8.6 (Courtiers en valeurs mobilières) vous intéresseront sûrement.

8.2 Entités financières

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice.

Les indicateurs suivants intéresseront les institutions chargées d'ouvrir des comptes et de conserver des dépôts pour le compte de particuliers et d'entités, notamment les banques, les coopératives de crédit, les caisses populaires, les sociétés de fiducie et les sociétés de prêt, et les mandataires de Sa Majesté qui se livrent à l'acceptation de dépôts.

Opérations personnelles

Opérations institutionnelles et commerciales

Certaines entreprises peuvent être enclines à mélanger des fonds obtenus illicitement avec des revenus tout à fait légitimes, une pratique très courante dans le domaine du blanchiment d'argent. Ces entreprises incluent celles qui font une partie importante de leurs affaires en espèces, comme les restaurants, les bars, les terrains de stationnement, les dépanneurs et les exploitants de distributrices automatiques. Vous repéreriez vraisemblablement les diverses entreprises de votre secteur qui font l'essentiel de leurs affaires en espèces au moment de l'ouverture des comptes. L'augmentation inhabituelle ou inexpliquée de dépôts en espèces faits par ces entités pourrait être un indicateur d'opérations douteuses.

Opérations par des organismes à but non lucratif (y compris les organismes de bienfaisance enregistrés)

8.3 Expéditeurs ou récipiendaires de télévirements, de remises de fonds ou de transmission de fonds

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice. Si vous effectuez des télévirements, des remises de fonds ou des transmissions de fonds, prenez bonne note des indicateurs suivants.

8.4 Établissements de crédit

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice. Si vous accordez des prêts ou du crédit à des personnes ou à des sociétés (y compris des hypothèques), prenez bonne note des indicateurs suivants.

8.5 Sociétés et représentants d'assurance-vie

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice. Si l'assurance-vie ou les annuités sont votre principale occupation ou l'un des nombreux services que vous offrez, prenez bonne note des indicateurs suivants. Si vous êtes une société d'assurance-vie et que vous accordez des prêts, lisez également le paragraphe 8.4.

8.6 Courtiers en valeurs mobilières

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice. Si vous êtes un courtier en valeurs mobilières, en fonds distincts ou en tout autre instrument financier, un gestionnaire de portefeuille ou un conseiller en placement, prenez bonne note des indicateurs suivants.

8.7 Entreprises de services monétaires

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice. Si vous êtes associé à une entreprise de transfert de fonds ou de vente de titres négociables, y compris les courtiers en devises, les expéditeurs de fonds, les émetteurs de chèques de voyage et les mandataires de Sa Majesté qui vendent ou rachètent des mandats-poste, prenez bonne note des indicateurs suivants. Si vous effectuez également la remise ou la transmission de fonds, lisez le paragraphe 8.3.

8.8 Comptables et cabinets d'expertise comptable

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice. Si vous êtes un comptable et que vous exercez certaines activités pour le compte de vos clients, tel que stipulé au paragraphe 2.6, prenez bonne note des indicateurs suivants.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les pays pouvant être visés par ces indicateurs, veuillez consulter le site Web de l'Organisation de coopération et de développement économiques (http://www.oecd.org), en naviguant par thème afin de trouver la « Fiscalité » sous la rubrique « Finance ».

8.9 Le secteur immobilier

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice. Si vous travaillez dans le secteur immobilier et que vous agissez à titre d'agent dans le cadre de l'achat ou de la vente de biens immobiliers tel que décrit au paragraphe 2.7, prenez bonne note des indicateurs suivants. Si vous êtes un promoteur immobilier, prenez note des indicateurs suivants lorsque vous vendez au public, selon le cas, une maison neuve, une unité condominiale neuve, un immeuble commercial ou industriel neuf ou un immeuble résidentiel à logements multiples neuf.    

Les indicateurs suivants ne valent que pour les courtiers et les agents immobiliers.

8.10 Casinos

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice. Si vous exploitez un casino, prenez bonne note des indicateurs suivants.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les pays pouvant être visés par ces indicateurs, veuillez consulter le site Web du Groupe d'action financière (http://www.fatf-gafi.org). Celui-ci contient des renseignements au sujet des pays et territoires non coopératifs dans la lutte internationale contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (consulter la rubrique « Juridictions à haut risque et non coopératives »).

8.11 Négociants en métaux précieux et pierres précieuses

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice. Si vous achetez ou vendez des métaux précieux, des pierres précieuses ou des bijoux ou si vous êtes un mandataire de Sa Majesté du chef du Canada ou d'une province qui vend au public des métaux précieux, prenez bonne note des indicateurs suivants.

Indicateurs généraux

Grossistes et fournisseurs

Le site Web du Groupe d'action financière (http://www.fatf-gafi.org) contient des renseignements au sujet des pays et territoires non coopératifs dans la lutte internationale contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (consulter la rubrique «Juridictions à haut risque et non coopératives »).

8.12 Notaires publics et sociétés de notaires de la Colombie-Britannique

Pour obtenir des renseignements généraux sur la façon de reconnaître une opération douteuse, ou une tentative d'opération douteuse comme l'explique le paragraphe 3.2, et sur l'utilisation que l'on peut faire des indicateurs présentés ci-dessous, veuillez consulter les parties 6 et 7 ainsi que le paragraphe 8.1 de la présente ligne directrice. Si vous êtes un notaire public de la Colombie-Britannique ou une société de notaires de la Colombie-Britannique, et que vous exercez certaines activités pour le compte de vos clients, tel que stipulé au paragraphe 2.10, prenez bonne note des indicateurs suivants.

9. Faites-nous part de vos observations

Ces lignes directrices seront mises à jour périodiquement. Si vous avez des commentaires ou des suggestions pour nous aider à en améliorer le contenu, veuillez les transmettre à l'adresse donnée ci-dessous, ou par courrier électronique, à guidelines-lignesdirectrices@canafe-fintrac.gc.ca .

10. Comment nous joindre?

Pour de plus amples renseignements sur CANAFE et ses activités, sur la présentation de déclarations ou sur toute autre obligation, veuillez visiter le site Web de CANAFE à http://www.canafe-fintrac.gc.ca, ou communiquez directement avec nous de l'une ou l'autre des manières suivantes :

Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada
234, avenue Laurier Ouest, 24e étage
Ottawa (ON) K1P 1H7
CANADA

Numéro de téléphone sans frais : 1-866-346-8722
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